Covid-19 : Pour la France, dernier arrêt avant reconfinement

Dalia Hamam Dimanche 24 Janvier 2021-17:21:20 Actualités Internationales
Dans une rue de Nantes (ouest) à la tombée du couvre-feu, le 21 janvier 2021
Dans une rue de Nantes (ouest) à la tombée du couvre-feu, le 21 janvier 2021

Renforcement des gestes barrières, test négatif demandé aux frontières: le gouvernement prend de nouvelles mesures pour éviter une nouvelle vague épidémique de Covid19-, rendue plus dangereuse par ses variants, mais il n’exclut plus de décréter un troisième confinement en moins d’un an. “L’hypothèse du confinement est de plus en plus probable”, a déclaré vendredi à l’AFP une source gouvernementale, en citant des projections rendues publiques par l’Inserm et l’Institut Pasteur qui prévoient une hausse exponentielle de l’épidémie à cause de son variant anglais, plus contagieux. “Si on voit dans les jours à venir des effets positifs du couvre-feu à 18H00, on se dira peut être qu’on a encore une ou deux semaines de marge de manoeuvre. Mais ça nous semble peu probable que cela soit suffisant”, a ajouté cette même source. La veille, sur le plateau de TF1, le ministre de la Santé Olivier Véran avait déclaré vouloir “donner sa chance” au couvre-feu alors que le nombre de cas positifs s’est stabilisé la semaine dernière à 128.551. La France avait entamé une sortie progressive du second confinement fin novembre, mais le gouvernement avait jugé que la situation sanitaire ne s’était pas suffisamment améliorée pour rouvrir les lieux culturels (cinémas, théâtres, musées) et les salles de sport privées, restés fermés depuis la fin octobre, tout comme les bars et restaurants. “On est en fait dans la dernière chance”, a résumé vendredi sur France Inter l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet, jugeant que tout dépendrait de la propagation des variants, notamment le VOC 01/202012 qui a émergé au Royaume-Uni où il a provoqué une flambée épidémique avec un record à plus de 1.600 décès en un seul jour cette semaine. Face à cette nouvelle forme plus contagieuse du virus, la France va exiger à partir de ce dimanche des voyageurs européens un test PCR négatif réalisé dans les 72 heures avant leur arrivée. Cette obligation ne s’appliquera pas aux travailleurs frontaliers ni au transport terrestre. La France reçoit “environ 62.000 personnes par semaine d’autres pays de l’Union européenne”, a indiqué sur RTL le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari. “C’est donc sur ces volumes-là que nous faisons porter ce dispositif de test PCR négatif”. Après une recommandation du Haut conseil de la santé publique (HCSP), le gouvernement appelle désormais aussi la population à bannir certains masques en tissus, dont ceux faits maison, jugés pas assez filtrants. Un renforcement qui “relève d’un principe de précaution” mais qui “manque de preuve scientifique”, a répondu vendredi l’Académie de médecine, estimant que “l’efficacité des masques +grand public+ n’a jamais été prise en défaut dès lors qu’ils sont correctement portés”. Autre changement, la distance de sécurité nécessaire, au-dessous de laquelle on peut être considéré cas contact quand on ne porte pas de masque, va passer de un à deux mètres. Cela aura notamment des conséquences dans le traçage des cas par l’Assurance maladie. Mais ce sont aussi les vaccins qui permettront de sortir de la crise. Jeudi soir, Olivier Véran a de nouveau défendu les résultats du gouvernement sur sa campagne de vaccination qui a essuyé de nombreuses critiques, d’abord pour sa lenteur, désormais pour un supposé manque de transparence sur le nombre de doses arrivant dans les centaines de centres installés. Selon le dernier décompte du ministère de la Santé, 823.567 personnes (résidents en Ehpad, plus de 75 ans en ville, professionnels de santé ou malades atteints de certaines pathologies) avaient reçu la première injection jeudi soir, contre 480.000 trois jours plus tôt.

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